Le président, le premier ministre, le ministre de l’intérieur, le ministre des
sports et tout ce que la société compte de gens valeureux prompts à se mobiliser pour les grandes causes humanitaires, tous les kouchner qui sommeillent
chez nos politiciens se sont levés comme un seul homme pour faire front.
Combien de morts, combien de blessés, combien de milliards d’euros de dégâts, de femmes ou
d’enfants éplorés ont suscité ce rassemblement des plus hautes personnalités : aucun ! Quel affront au pays, quelle insulte à la nation a-t-il
déclenché cette réaction spontanée des puissants et des médias qui leur sont asservis : nul affront, nulle insulte.
Quelques quolibets bien innocents sur un
drap de lit déployé lors d’une dispute entre des grands pour la possession d’un petit ballon. Certains en traitaient d’autres d’enfoirés, comme chaque jour des milliers d’automobilistes
s’invectivent copieusement, joignant souvent un doigt vengeur à l’insulte, sans même évoquer les pancartes des manifs corses...
Le ridicule a saisi le sommet de l’État. La bénignité de l’esclandre ne méritait qu’un silence méprisant. Le scandale, car le mot n’est pas
déplacé, c’est de l’avoir transformé en affaire d’état avec le retentissement que les médias se plaisent à lui donner. Depuis samedi les ondes sont monopolisées par les suites à
donner à cette incivilité. Combien de Stade de France où la Marseillaise est sifflée, où le président est conspué, où le petit blanc est voué
aux gémonies sans qu’un professionnel de la récupération ne lève le petit doigt.
Mais qu’une banderole rappelle que les stades de foot ne sont pas fréquentés que par des blancs très cultivés et le sommet de l’État déclenche un tsunami pour extirper une soi
disant gangrène de leur gradins.
Le lin blanc dans lequel se drapent ces donneurs de leçons est à déploiement variable. On suggère à nos gouvernants d’en faire un usage plus circonstancié s’ils ne veulent pas qu’il se transforme
en linceul de notre civilisation.
C’est le refuge. Son invocation au moindre fait divers, sa sollicitation pour résoudre le moindre problème de conscience trahit la
déshérence du juste bon sens. Une oreille tirée dans un collège, une brave dame condamnée par la faculté à une fin tragique et le peuple s’insurge : mais que fait la loi
?
Telle la police responsable au siècle passée de tous les égarements, la loi serait devenue la cause des dérèglements de notre société.
Invitée à s’ingérer dans la vie privée, à codifier l’age de nos amours, la teneur en azote de nos engrais, la durée de vie d’un pot de yaourt et le droit de mettre un terme au mystère de notre
existence la loi asservit l’homme à sa communauté.
Pays laïc incapable de dépasser la dictature de la religion d’État, la France fait de la loi l’Évangile qui se substitue
subrepticement aux Saintes écritures qu’un clergé clairsemé ne sait plus imposer. Que les saints laïcs profèrent l’impossibilité d’accorder à Mme X le droit d’en finir devrait – si la
grâce les touchait - dessiller les yeux de nos moralistes.
L’héritage judéo chrétien dont nos gènes sont les porteurs explique la docilité avec laquelle le français frondeur accepte
l’embrigadement législatif, tout juste émancipé de la tutelle cléricale. Et la loi continuera à faire peser sa chape de plomb sur le citoyen, tout compte fait, bienheureux ! Et Mme X à
mourir en martyr, comme l’Église l’a souhaité.
Plongé dans l'univers électoral d'une bourgade de la balieue parisienne, Candide a un temps déserté la scène nationale. Il présente ses
excuses aux lecteurs laissés sans repère et reprend dès demain sa chronique quotidienne.
Le suivi au jour le jour d'élections municipales aura renforcé son analyse du paradoxe de l'homo politicus français : une étonnante capacité à
s'investir bénévolement dans des sacerdoces ingrats et une incommensurable hypocrisie pour présenter de sordides magouilles en affrontements idéologiques au service d'un idéal ! Comprenne qui
pourra.
Résultats : des Sarkozy et des Royal (pour n'en citer que deux) à conviction élastique : les couleuvres avalées, et les reniements nécessaires pour
arriver au sommet attestent de leur flexibilité.
Ce n'est pas sans cynisme que l'on a souvent écrit que Nixon avait été l'un des grands présidents des Etats Unis, Kennedy n'étant qu'un
nain.
Feindre la surprise c’est ce qui reste pour justifier que rien n’ait permis d’enrayer
l’explosion des prix pourtant
inscrite dans la logique du système économique. Inutile d’en appeler aux mannes d’Adam Smith, il suffit de citer Guizot : « enrichissez vous » !
Le libéralisme fonctionne comme un tout, prétendre le contrôler alors qu’il dispose des ses propres forces d’auto contrôle conduit à la situation que la France subit
et continuera à subir puisque les incantations n’y changeront rien.
La distribution s’est concentrée sur 4 ou 5 groupes croit-on : c’est faux. Dans un lieu donné le consommateur n’a accès au mieux qu’à deux
enseignes sauf à dépenser en temps et en énergie ce qu’un quidam ne fera qu’exceptionnellement. Confronter les prix ça n’existe que dans les publicité des
distributeurs et ça n’a d’autre objectifs que d’endormir la confiance du consommateur. Il n’y a pas de concurrence sur les produits courants contrairement à ce que l’on prétend.
Les distributeurs dans ce pays grâce à la loi Galland se sont partagés sous l’oeil bienveillant des pouvoirs publics le gâteau. Depuis cette loi leurs propriétaires trônent au hit parade des
français les plus fortunés. Qu’ont ils créé, où ont ils innové ? Ils ont lobbyé avec force enveloppes et succès pour récupérer auprès du maire,
du député les meilleurs emplacements avec l’assurance qu’ils n’auraient pas de concurrents.
Mais ils ne sont pas seuls à s’être enrichi dans ce processus. Cette concentration aval a eu pour effet de susciter la
réunion des fabricants au risque de disparition. Le processus est connu, démontré. Les centrales d’achat forcent les petits à accepter des conditions que seuls les grands peuvent amortir et ainsi
les petits producteurs sont avalés par les plus gros jusqu’à ce que seuls ne survivent que 2 fabricants de yaourt, deux fabricants de fromage, deux fabricants de pâtes…
Le duopole étant forme la plus perverse du capitalisme, le reste découle de cette double concentration favorisée par les pouvoirs publics trop contents d’imposer
(fiscalement) des mastodontes plutôt que de subventionner des dizaines de petits producteurs. Enrichissez vous disait déjà Guizot, qui tenait les cordons de la bourse.
Rien de ce qui précède n’a pu échapper à nos énarques, à nos têtes d’oeufs qui feignent de découvrir que le système qu’ils ont mis en place fonctionne à plein régime
aux plus grand profit des groupes qu’ils ont appelé de leurs vœux et du fisc qui les ponctionne.
Alors messieurs un peu de dignité, cessez vos jérémiades et expliquez enfin aux français que ces prix qui augmentent, ces salaires indécents payés
aux caissières c’est le résultat de votre interventionnisme stupide, des lois Galland, Raffarin et autres codicilles aux lois simples du libéralisme.
Le conseil constitutionnel a validé la loi controversée sur les délinquants dangereux. Ils pourront être retirés de la circulation.
Nicolas Sarkozy a demandé l’application d’un moratoire sur les plants génétiquement modifiés, ils ne devront pas être mis en circulation.
Le prochain gouvernement prévoit d’interdire de circulation les électeurs susceptibles d’aller mal voter : ils sont potentiellement
dangereux.
Vive le principe de précaution.
Vaste sujet que celui de la laïcité dans un pays qui revendique ouvertement ses origines judéo chrétiennes. Débat pollué par les grands penseurs de
gauche comme de droite qui assènent leur credo comme autant de dogmes intouchables au risque de néantisation du contradicteur. Mme Mignon, du cabinet de Sarkozy vient de réveiller ce vieux débat,.
La religion étant affaire individuelle l’intervention de la société dans la sphère du privé n’est-elle pas déjà une entorse à la sacro sainte laïcité. C’est bien la
difficulté du débat, qui pour protéger le magistère de la foi fait appel au ministère public.
Sarkozy qui ne craint de déplacer aucune montagne s’est attaqué depuis son élection à retracer quelques lignes dessinées depuis 1905 et qui étaient
bousculés par l’évolution de la société.
Exemple emblématique : le travail du dimanche qui repose sur un texte religieux revendiqué par les syndicats pour s’opposer à sa
libéralisation. Les exemples pullulent avec l’arrivée massive d’immigrés n’appartenant pas au judéo christianisme et revendiquant le droit de pratiquer leur religion en terme d’égalité avec les
catholiques. A ce titre des sapins de Noël ont été supprimé des mairies où ils « offensaient » les musulmans. La loi de 1905 donnant raison à ceux qui exigeaient que l’on fasse
disparaître ces manifestations ostentatoires d’une religion.
Avec les sectes Sarkozy s’apprête à déplacer un nouveau curseur. Celui du monopole religieux confiés à quelques grands noms au détriment des
formations lilliputiennes. Il faut bien revenir aux fondamentaux : l’église catholique est une secte juive qui a réussi !
A quel titre déciderait-on qu’une autre
secte ne peut plus disposer en son sein d’un messie ? Les lignes de partage entre sectes et églises sont d’une grande illisibilité. L’Opus Dei est accepté, l’église
de scientologie a pignon sur rue, les témoins de Jéhovah reconnus alors que ces 3 organisations entrent de plein pied dans la classification de sectes. Les sectes,
illégales par construction ne pouvant être citées n’ont aucune raison objective d’être prohibé au regard des exemples précédents.
Ceci étant posé, les dérives sectaires apparaissent chez les adeptes des organisations Opus dei, Scientologie et Témoins de Jéovah entre autres, alors que la loi française est la plus répressive des lois européennes. Si le projet présidentiel est d’uniformiser les législations communautaires, faut-il s’en
scandaliser ?
Votre avis